15.7.12


LA DESCRIPTION DE L'EGYPTE 
Napoléon Bonaparte & 500 others



"Soldiers, from the height of these pyramids, forty centuries look down on you.." thus Napoleon is said to have addressed his troops shortly before the battle of the pyramids (17 july, 1798 ). His words aptly summarize the result of the "Egyptian campaign", a military disaster which had an extraordinary consequences for archeology.
One must be mad as only the french can be to send one's best army and on's best general to the ends of the earth when the homeland itself is under multiple attack. The ostensible motive was a generous one : to free the egyptian people from the Ottoman Empire and its Mamelukes. The real motives was to found a French colony and make Egypt a province of the Republic, thus reinforcing French domination in the Mediterranean basin and even, perhaps, extending it into Asia. Napoleon dreamt of Alexander and Caesar and wished to emulate their glory. Intended to wound the soft underbelly of the English, the campaign was an abject failure. At Abukir, Nelson sank 200 ships which had conveyed the expeditionary force and the French army found itself a prisoner of its conquest. Napoleon abandoned his army, returning with all speed to France to defend his country against the Coalition and to have himself crowned Emperor.

The expedition was a military and political fiasco - and it changed the face of the earth : by revealing the splendor of a mysterious and forgotten civilization, it gave birth to Egyptology. The cultural and scientific elite of France accompanied the expeditionaty force. Was Napoleon seeking justification for its conquest? Or was this simply the cultural heritage of the Enlightenment? Whatever his motives, 500 civilians accompanied the army, amongst them a group of 167 scholars that included 21 mathematicians, 3 astronomers, 17 civil engineers, 13 naturalists, 4 architects, 8 draughtsmen, 10 men of letters, 22 printers equipped with Latin, Greek and Arabic characters.
Napoleon's artillery destroyed the furious charges of 10,000 Mamalukes cavalry beneath the pyramids of Giza; then, as soon as he had seized Embabeh, forcing routed Mamelukes to scatter into the Nubian desert, the scholars went to work. For the greater gloty of the French Republic, they were to find, beneath the millennial sands, the vestiges of Pharaonic Egypt, the "cradle of the science and art of all humanity " as Napoleon put it. A commission of Science and Art and an Egyptian Institute were promptly founded. Under their guidance, everything was systematically catalogued and meticulously drawn, from the monolithic obelisks with their rich decoration to the vast statues that dominated the palm-trees of the Nile Banks.
All was completed in 23 volumes...



28.6.12


BLADE RUNNER AQUARELLE EDITION
Anders Ramsell




Blade Runner's Ridley Scott's masterpiece is reinterpreting here by the swedish artist Anders Ramsell ( also from The Creatos Project ) who spent eleven months and 3 585 aquarelles to produce 13 minutes of films (see here) . His aim right now is to make the entire movie, which will correspond to 32 300 paintings.


More about paintings here & there
And about reinterpreted stories with Christian Patterson photographic book on Terence Malick Badlands

10.6.12


X-URBANISM
Mario Gandelsonas

Studies on the american grids, how to speak about cities, through their radical substances.



Los Angeles
The uniquely American one-mile grid, the relentless continental grid that organizes the megalopolis, is seen in contrast to the urban grids and the boulevards




Boston - The Head and the neck
Alternating sector of urban fabric and fields - with or without building objects - form the head of Boston. The neck, can seen as the result of the overlapping of different grids. Interventions made after World War II have deeply affected the morphology of Boston, erasing entire areas of the close-knit fabrid of the seventeenth and eighteenth centuries and replacing them with Modernist-inspired building developments.
The result is a series of discontinuous radical sectors of fabric alternating with sectors of objects in a field revealed by the analytical drawings. The peculiar topographic history of Boston (the leving of hills and the filling of Back Bay ) might partially explain the different degrees of resistance to change that characterize the historical fabric of Beacon Hill, for instance.


New Heaven
The original plan of New Heaven contained elements that should both insure the survival of the original grid - an oversized nine-square grid (825 total square feet) with a common green in the center - while also generating a new order for its development, several diagonal streets leading outward from the core. The radial field system surrounding the nine-square grid persists in the plan of New Heaven today. However, this description represents only a simple, perceptual understanding of the city.

Chicago
While the neutral geometric grid and the regular "beat" of intersections in the city of Chicago imply continuous movement, the accidents of the plan produce changing rythms and interruptions where movement stops.
The Ink drawings
he series of ink drawings examine two situations that produce these interruptions of the one-mile grid : the effect of the multiple diagonals that crisscross the plan, and the effect of topographic changes.




 and more about La Grille here

28.4.12


TRANSIT DE VENUS
Wolgang Tillmans



Un transit de Vénus se produit lorsque le soleil, Vénus et la Terre se trouvent en alignement parfait. Observé de la Terre, le phénomène se manifeste sous la forme d'un petit disque noir - la planète Vénus - se déplaçant lentement au cours de plusieurs heures devant le disque éclatant du soleil. C'est une observation extrêmement rare car les plans des orbites de la terre et de Vénus sont légèrement inclinés l'un vers l'autre et un transit ne peut se produire que lorsque les deux planètes se trouvent exactement au point de recoupement des plans de leur orbite. Ceci survient tous les 122 ans, puis huit ans plus tard, après quoi il faut attendre 105 ans, puis huit années, puis 122, etc. Le dernier transit s'est déroulé le 8 juin 2004. C'était le premier qu'un être humain vivant alors sur la terre pouvait avoir observé.  En effet, le témoignage des transits de Vénus n'a été fournie par des rapports écrits ou dessins historiques qu'à partir de l'invention du télescope puis, plus tard, par des images photographiques des deux transits survenus après l'invention de cette technique. Six transits seulement ont été observés au cours de l'histoire humaine, en 1639, 1761, 1769, 1874, 1882 et 2004. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'observation de ce phénomène géométrique a revêtu une énorme importance. Les chercheurs ont compris qu'ils pouvaient calculer la distance entre la terre et le soleil par l'observation exacte et la comparaison des temps de passage de Vénus devant le disque du soleil enregistrés de différents points de la terre. On pensait à cette époque que c'était la seule façon d'établir plus ou moins exactement notre position absolue par rapport au soleil et donc par rapport à l'univers qui nous entoure. On ne connaissait dans notre système solaire que des distances relatives, mesurées par multiples de la distance de la terre au soleil, et non les distances réelles. C'était comme de disposer d'une carte sans en connaitre l'échelle.
Diverses ambitieuses expéditions, par exemple la première du capitaine Cook en 1769, furent lancées dans l'unique objectif d'observer le transit de Vénus d'un point aussi éloigné que possible de l'Europe. L'idée était de mesurer le parallaxe qui, en termes simples, peut se décrire comme l'observation du déplacement de l'objet le plus proche devant un objet plus lointain vu de deux points différents, ce qui se produit quand par exemple, on observe le changement apparent de position d'un pouce devant une maison à à l'horizon en le regardant alternativement de l'oeil gauche ou de l'oeil droit. 
L'exactitude de l'évènement était gênée par l'effet de goutte noire qui faisait que le disque de Vénus semblait se fondre dans le noir du ciel entourant le soleil pendant un temps plus long que ce que l'on pouvait attendre de sa position prédite. Même s'il était en principe déjà clairement "à l'intérieur" du disque du soleil, celui de Vénus apparaissait déformé selon une forme de goutte. Ce n'est que par l'observation photographique des deux transits du XIXe siècle que l'on a pu établir que cet effet était en réalité une illusion provoquée par le cerveau humain.
Observer le transit de 2004 à travers le télescope que j'ai conservé de mes années d'adolescence obsédées d'astronome n'avait bien entendu aucune valeur scientifique, mais constituait l'expérience émouvante de vois la mécanique concrète du ciel en action devant mes yeux. Regarder une planète se déplacer devant un autre objet défini  qui fait partie du système solaire m'a donné, en tant qu'être terrestre, le sens visuel de ma localisation dans l'espace. Malgré le caractère plat de l'image du télescope, on pouvait faire l'expérience de l'espace en trois dimensions. 
Le prochain transit de Vénus se produira le 6 juin 2012.

7.4.12



LE SACRIFICE
Ida Tursic & Wilfried Mille


Hommage à Andrei Tarkovski, Le Sacrifice, 1986
Ida & Wilfried sont en ce moment exposés à la galerie Almine Rech à Bruxelles

16.2.12


NOTE SUR L'ARCHITECTURE
Luigi Ghirri


Ma première rencontre avec les architectures d’Aldo Rossi remonte à quelques années, lorsque Vittorio Savi me proposa de photographier le cimetière de Modène. Je ne peux pas dire qu’à ce moment là je connaissais bien l’oeuvre de Rossi, seulement quelques dessins et certains écrits théoriques. Ces lacunes éveillèrent plus encore ma curiosité, de même que l’idée de pouvoir photographier et raconter une architecture complexe et encore en cours de réalisation, une architecture qui ne s’exhibait pas déjà finie, pour se retrouver aussitôt après dans les pages de quelques luxueuses revue. A partir de ce moment a commencé une étrange collaboration avec Aldo Rossi, presque toujours à distance, très curieuse et très stimulante.
Le cimetière, je le voyais forcément assez souvent, puisque j’habite Modène. Confondre le bleu du toit des parties déjà construites avec celui du ciel, observer les couleurs changeant selon les heures avait sur moi un effet bénéfique, comme m’attirait le cube rouge au centre, que je cadrai depuis la portières de ma voiture, quand je parcourais la route nationale pour aller vers le Pô. Ce fût un travail extrêmement intéressant, non pas pour les résultats obtenus, que parce que, étrangement, dans la parfaite solitude de quelques jours de fermeture pour ne pas gêner et ne pas être dérangé par les travaux en cours, il me sembla que se révélait à moi le secret d’une approche de l’architecture et de sa représentation photographique. Plus le travail avançait et paradoxalement, moins j’en voyais la fin, plus il me restait de travail à accomplir. J’avais toujours de nouveaux angles à voir et à cadrer, de nouveaux points de vues pour chaque petit mouvement de l’espace. A peine les perspectives étaient-elles photographiées, qu’elles se représentaient quelques minutes plus tard sous un jour nouveau, la lumière en modifiait sans cesse le sens et l’aspect, colorait diversement les volumes et les surfaces.
Les fenêtres du bâtiment principal, peu élevé, étaient des cadres analogues à ceux du viseur de l’appareil, elles en répétaient les cadrages où se succédaient, toujours différents, les arrières plans avec les cheminées, les tombes juives, les toits des maisons, le chemin de fer, l’église sur le cote est, les champs au nord, les voitures qui passaient sur la route en contrebas, comme dans un décor changeant. La montée vers l’ossuaire ne fit que confirmer cette impression de mobilité et de changement : aussitôt après les premières rampes d’escaliers où depuis les fenêtres cubiques j’entrevoyais l’extérieur, j’arrivais au point où l’on voit en même temps deux fenêtres, celle du premier et celle du second plan, l’étendue verte de la pelouse dans l’une et le bleu du ciel dans l’autre? Ces deux surfaces semblaient recomposer de manière visible, organique et synthétique, le sens de toute cette architecture et exprimer parfaitement l’idée de l’équilibre entre l’intérieur et l’extérieur. Mais cela me parait un simplification, comme l’aurait été le fait de rapprocher l’espace du terrain à celui de l’ouverture dans le toit qui nous fait voir le ciel.Des oeuvres simples et linéaires, un cube rouge avec un trou au milieu et à peine plus loin la longue ligne d’un parallélépipède couché, rose et bleu ciel, révélaient une vitalité imprévue, et cela dissipa de manière définitive tous les doutes et tous les soupçons que je nourrissais depuis longtemps vis à vis de la photographie d’architecture. Je lisais toujours dans ce genre de photographies une simplification ou la tentative de créer une iconographie de l’oeuvre architecturale, un acte d’authentification qui semblait reléguer l’architecture dans le domaine d’une répétition indifférente, incapable d’inventer d’autres solutions.
Comme chacun sait, le processus commence par le dessin d’un projet, passe par diverses phases et aboutit à la construction de l’édifice. Le bâtiment, à la fin, est authentifié par la photographie. Au bout de ce parcours, nous obtenons une espèces de stéréotypes de l’image architecturale, très semblable à une nature morte, mas réalisé dans le monde extérieur. Même si souvent ces natures mortes semblent accrocher et captiver le regard par leur singulière et vertigineuse précision, elles me font aussi penser à la photographie d’une maquette plutôt qu’à celle d’un édifice construit. Des ciels presque toujours limpides et immobiles, l’appareil photographique dans l’axe et à niveau, un objectif décentrable à bascule pour éviter les distorsions, un déclenchement plus précis pour obtenir la netteté maximum constituent le rituel nécessaire quoique fascinant, qui assure le transfert d’une architecture aux archives du musée.
Quelques jours plus tard, alors que je n’avais pas encore terminé les prises de vue, je repensais à tout cela et me demandais comment trouver de nouveaux modes de récit pour l’architecture. En même temps, me revenaient à l’esprit beaucoup d’images qui se rapportaient au cimetière de Modène, au tableau de Fra Angelico où les âmes des morts sortent des ouvertures cubiques du terrain, les photographies d’un anonyme lors du tremblement de terre de San Francisco où on voyait les ruines criblées de trous des maisons détruites et éventrées, ou encore l’architecture très simple qui sert d’arrière-plan aux Histoires de Saints de Sassetta. D’autres facettes de la mémoire, d’autres rappels d’images ensevelies resurgissaient. Je me souvins d’avoir lu cette phrase «pour la littérature, il est nécessaire d’avoir beaucoup de souvenirs, de tout oublier, et d’attendre que tout revienne à la mémoire». Il me sembla que le sens de cette phrase pouvait aussi contenir le secret de l’architecture. Ce n’est sans doute pas la lecture la plus correcte ni la plus orthodoxe, mais j’ai trouvé cet ensemble d’impressions et de sentiments chaque fois que je me suis trouvé face à des oeuvres d’Aldo Rossi, pour les photographier ou pour les observer. Chaque fois ces bâtiments, leur environnement, ses cimetières, ses maisons ou ses écoles me surprennent, non parce qu’elles relèvent de l’insolite ou du bizarre, mais à cause de leur air immédiatement familier et en même temps mystérieux, un mélange extraordinaire de reconnaissance et de jamais vu, de connu et d’inconnu.
Il me semble qu’il y a dans les oeuvres de Rossi ce mystérieux équilibre entre ce que nous savons déjà et ce que nous attendons d’une oeuvre architecturale ainsi que cette sensation de dépaysement que l’on éprouve face au nouveau. Jusqu’à il y a peu de temps, on aurait parlé - même improprement - d’imaginaire à propos de cette impression de se retrouver, mais j’ai en effet peu d’exemples aussi précis d’un vécu personnel de l’auteur qui se multiplie en même temps dans le vécu existentiel d’autant de gens.
Ce n’est pas seulement pour cela que, par la force des choses, je me suis attaché aux architectures d’Aldo Rossi. Je me suis pris d’affection aussi pour les couleurs tendres de ses façades, qui semblent vouloir dialoguer avec celles, en peu éteintes, des endroits où elles sont placées, et aussi pour ce courage civil qui consiste à s’oublier, à laisser l’espace, aux matériaux, aux volumes, la tâche de devenir pour nous architecture, à laisser le temps et l’usage donner son sens à cette extraordinaire Architecture sans Architecte.
Il n’est pas de mon ressort de juger ou d’analyser l’oeuvre de Rossi, je n’ai pas la compétence ou la présomption de me substituer au critique ou à l’historien, et ces quelques phrases sont simplement une trace des réflexions qui me viennent lorsque j’effectue mon travail, qui consiste essentiellement à observer le monde extérieur pour le représenter. Pourtant les architectures de Rossi, sont, de toutes celles que je connais, les plus intéressantes pour réveiller ce type d’écho et ces perceptions multiples.
Il y a à Isaphan une mosquée où, lorsque l’on se déplace à l’intérieur en un point précis, le moindre petit bruit que l’on émet, un mot, un claquement de doigts, est démultiplié par l’écho et résonne sept fois. L’architecture de Rossi me donne cette sensation d’émerveillement, parce qu’en chacun de ses points, quelle que soit la façon dont nous nous déplaçons dans l’espace, le mouvement de la lumière se propage et se démultiplie en un écho qui va se perdre parmi les souvenirs et les inventions. Il y a aussi un coté joyeux de cette manière de tourner magiquement à l’intérieur d’un jouet merveilleux, de se perdre et de se retrouver dans ses engrenages et ses rouages, comme s’il était possible de comprendre le secret qu’éveille en nous une telle surprise et un tel étonnement. C’est en se perdant parmi les ruines d’une architecture, les cabines colorés d’une mer imprécise, les cheminées d’une usine, dans la photographie d’un édifice éventré, dans un détail de Fra Angelico, dans le souvenir estompé d’une place italienne ou les solides géométrie de la façade d’une cathédrale, dans le phonogramme oublié d’un film néoréaliste, dans une cruche de lait ou une cafetière sur la table, que les architectures de Rossi répondent à notre besoin, à notre désir de merveilleux.
Finalement, c’est tout cela qui me fascine dans son oeuvre. Ce n’est pas une douce remémoration, une synthèse heureuse et pleine d’évocations, ce ne sont pas les géniales citations d’un grand architecte, mais les souvenirs, les histoires, les inventions et les apparences qui forment les multiples strates de nos perceptions et de nos manières de faire les choses.