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7.4.12



LE SACRIFICE
Ida Tursic & Wilfried Mille


Hommage à Andrei Tarkovski, Le Sacrifice, 1986
Ida & Wilfried sont en ce moment exposés à la galerie Almine Rech à Bruxelles

29.1.12


A PARTICULAR KIND OF HEAVEN
Ed Ruscha



As noticed in SOCKS today, the Mendrizio students' works from our the last post looks a bit like Ed Ruscha' s architectural landscapes. See below.



13.7.11


Violences Sublimes
Enrique Metinides


La carrière d’Enrique Metinides à commencé lorsque ses premières photographies ont été publiées dans un journal à l'âge de onze ans. C’est son père, propriétaire d’un magasin de photo à Mexico qui lui a mis son premier appareil photo entre les mains à dix ans, et c’est à ce moment qu’il a commencé à prendre les voitures accidentés, les gens assassinés dans son quartier.. En fait il prend en photo ce qu’il voit dans les films d’action et qui se déroule dans sa ville. Ce qu’il voit sur les écrans des cinéma de quartiers et qui le fascine arrive en fait au pas de la porte de la boutique de quartier de son père. Très vite cela devient une passion, et comme WeeGee le fait à New York, il se branche sur les radios de la police pour être au courant de tout ce qu’il se passe dans la ville. Il ne dort presque plus et s’installe dans un véhicule préparé le plus efficacement possible pour se rendre rapidement sur les lieux de l’action, flasher les carcasses de voitures défoncées, les corps mutilés...
«Je pense que si on faisait une pile, ou un tas de morts que j’ai vu dans ma vie, cela devrait être aussi haut qu’une montagne. Je n’ai aucune idée du nombre d’accidents que j’ai vu mais il doit y en avoir des milliers dont j’ai été témoin pendant les 50 ans de ma carrière. Chaque jour, à peu près 24h sur 24, j’ai assisté aux accidents les plus incroyables qu’on puisse imaginer. chutes d’avions, explosions de station-essence, des catastrophes où il y avait 90 - 120 morts...J’ai croisé des gens qui ont vu le démon, qui se sont transformés et ont voulu tuer, j’ai été témoin du diable qui s’empare des hommes, j’ai vu des crimes incroyables d’adultes et d’enfants, parfois pour seulement quelques dollars..»

Enrique Metinedes est une légende dans le milieu de la police et des pompiers de Mexico, non seulement d’être toujours le premier sur les lieux des crimes, mais aussi car il s’est toujours sorti des accidents dont il a été lui aussi victimes, dix neuf au total. De nombreuses fois blessé, il à eu 7 côtes cassés, deux attaques cardiaques, un de ces doigts est inutilisable, a été écrasé deux fois..
« Il y a quelque chose de vraiment étrange qui s’est passé il y a un mois et dont ma fille ne m’a parlé que très récemment. J’ai mangé du poisson - ce que je ne devrait jamais aire parce que je tombe rapidement malade à cause de ça - alors j’ai du être hospitalisé en urgence. Ma fille attendait les résultats avec inquiétude et quelqu’un qu’elle ne connaissait pas est venu lui parler en la rassurant, lui disant qu’elle ne devait pas s’en faire, que étais très bien pris en charge. Alors elle lui a demandé comment il pouvait bien le savoir, et le type lui a répondu que mon ange gardien était là, assis juste à coté de moi, qu’il n’y avait aucune crainte. Et il a disparu.»



Au delà du personnage légendaire qu’il représente et de la fascination que cette vie si particulière exerce; la photographie de Metinedes dépasse la simple horreur du fait divers. Par de menus décalages, par le recul qu’il prend par rapport au sujet, en ne cadrant pas simplement sur lui mais en photographiant l'environnement, il compose des images certes choquantes, mais d’une beauté nouvelle. La star de la télévision qui git avec un maquillage parfait sur un poteau électrique après un violent choc automobile; la femme suspendu au crépuscule au bout d’une corde à un arbre gigantesque, le reflet de la foule qui regarde le secouriste sortir le corps d’un homme de l’eau... autant de détails dans l’horreur qui la sublime. Ce ne peut être que l’habitude du regard porté sur la violence, développée au fil des ans et des milliers de films imprimés de crimes en tout genre qui permettent de transcender le simple reportage et de basculer dans l’art. Ce ne peut être que le regard entièrement dévoué d’un homme aux agissements les plus violents de l’humanité qui peuvent nous faire pénétrer dans les détails magnifiques de ces scènes trash, dans l’intimité de ces accidents.
Désormais, Enrique Metinedes passe tranquillement sa retraite dans un appartement rempli de sa collection de véhicules d’urgence en tout genre, de figurines de gangsters mexicains, de kilomètres des bandes VHS sur lesquels sont enregistrer les extraits de reportages, d’émissions de télévisions sur la guerre en Irak, les faits divers les plus variés, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, les apparitions d’ovnis, les scènes spectaculaires des films d’action qu’il connait par coeur... aux cotés de ces huit magnétoscopes et ces trois télés. Enfermé dans ce temple dédiés aux faits divers, il rumine son plus grand regret, celui de ne pas avoir été à New York le 11 septembre, pour photographier la plus spectaculaire catastrophe du XXè siècle. De toute façon, il n’y aurait jamais pu s’y rendre, comme aux nombreuses rétrospectives dédiées à son oeuvre autour du monde, et qui sont en ce moment exposé aux rencontres photographiques d’Arles. Depuis l ‘âge de huit ans il ne lui est plus possible de s’élever de quelques manières que ce soit du sol; un de ces camarades l’a tenu suspendu à bout de bras depuis le toit terrasse d’un immeuble de six étages, créant une phobie du vide à jamais.

Et pour un petit peu plus, une interview du photographe chez lui ici.

25.2.11

Week End
Jean Luc Godard


Jean Luc Godard sort en 1967 «un film égaré dans le cosmos, un film trouvé à la ferraille, un film qui se fout de tout». Construit autour du départ en week-end d’un couple de parisiens, leur parcours dans un embouteillage sans fin sur les routes nationales (un des plus long travelling de l’histoire du cinéma) entame ce qui est un périple vers une critique acerbe de la société française. Week-end est un film cru dans lequel les gens se lynchent pour une voiture mal garée, les voisins se battent à coup de raquettes de tennis et de fusil, se mordent, s’arrachent les cheveux; les maris sont consciemment trompés par une gente féminine violemment hautaine - parlant avec désinvolture de leurs désirs et aventures sexuelles; les enfants insultent les adultes - salauds merdeux communistes - leurs femmes, leurs bagnoles ; les agriculteurs chantent l’internationale sur leur tracteur avant d’écraser «deux petites ordures de la jeunesse dorée», et Dieu s’invite même dans un autostop-hold-up pour faire le jugement dernier de la classe aisée française, son égoïsme, son désir du confort et ses rêves limités.
«on ne peut dépasser l’horreur de la bourgeoisie que par encore plus d’horreurs»
Week-end est un pétage de plomb sur l’avènement de la société de loisirs et de vacances; un ras le bol las, long, lourd, c’est 1h40 d’engueulades infinies, de bruits permanents, de klaxons, de tirades maoïstes gerbées par des personnages impossibles issu d’une tribu anarchiste qui kidnappe les automobilistes partis en pique-nique; pour finir par les manger -après multiples sévices - au barbecue.
Ces jeunes libertaires sont les amis de Godard, une sorte d’avant-garde intellectuelle étudiante qu’il fréquentait assis dans un coin avec son costume gris et ses lunettes noires -alors qu’eux arborait des tenus arabo-flamboyantes. Il les fait jouer ici avant qu’ils ne prennent leur propre rôle dans les évènements de 1968. Week-end est une fresque flamboyante de la fin d’un état de la civilisation, le dernier repas d’une société qui va être bouleversé quelques mois plus tard. Mais pour quoi au fait? Quelqu’un s’en souvient-il encore?

18.2.11

OP

(Obsolescence Programmée)
Même si le ton du documentaire "Prêt à jeter" peut agacer au premier abord par son coté solennel et dramatisant, il est bon de s'y laisser doucement glisser pour comprendre un des mécanismes principale de la société de croissance dans laquelle nous évoluons, celui de l'obsolescence programmée des produits. Promenant la caméra à travers l'histoire du XXe siècle et les quatre coins du monde, il nous propose une vision large et pédagogique de cette notion sur laquelle nous nous sommes tous au moins un jour malheureusement confronté face à la piètre qualité d'un produit récemment acheté et qui nous reste entre les mains, avec comme seule solution le jet et le rachat. Voici le pitch:

"Dans les pays occidentaux, on peste contre des produits bas de gamme qu'il faut remplacer sans arrêt. Tandis qu'au Ghana, on s'exaspère de ces déchets informatiques qui arrivent par conteneurs. Ce modèle de croissance aberrant qui pousse à produire et à jeter toujours plus ne date pas d'hier. Dès les années 1920, un concept redoutable a été mis au point : l'obsolescence programmée. "Un produit qui ne s'use pas est une tragédie pour les affaires", lisait-on en 1928 dans une revue spécialisée. Peu à peu, on contraint les ingénieurs à créer des produits qui s'usent plus vite pour accroître la demande des consommateurs. "À l'époque, le développement durable n'était pas au centre des préoccupations", rappelle Warner Philips, arrière-petit-fils des fondateurs de la marque du même nom. Mais alors que les ressources de la planète s'épuisent, rien n'a changé. "La logique est croître pour croître", note Serge Latouche, professeur émérite d'économie à l'université de Paris 11. Tournée en France, en Allemagne, en Espagne, au Ghana et aux États-Unis, nourrie de nombreuses archives et interviews, avec, pour fil conducteur, le test d'une imprimante récalcitrante, cette démonstration minutieuse débusque les avatars de l'obsolescence programmée et leurs répercussions. Elle esquisse aussi d'autres modèles économiques : de la décroissance, prônée par Serge Latouche, à une industrie qui produirait et recyclerait à l'infini, à l'image de la nature. Une investigation passionnante, qui, l'exaspération une fois passée, amorce la réflexion."

Le documentaire est à regarder ici
Et si les thèmes des déchets, de la récupération, du recyclage vous intéresse je vous conseil aussi d'aller faire un tour vers ces articles par ici et là.
Pour les photos, c'est Pieter Hugo.
Merci à Gaetan

15.1.11

CC

(Crash Culture)
Suite au post précédent et la fascination perverse que peuvent exercer les romans et nouvelles de Ballard, j’ai repensé aux nombreux tributs à ce que l’on pourrait appeler la culture crash, entamer personnellement il y a quelques années avec la lecture des romans d’Hubert Selby et les photos de Larry Clark, qui ont dernièrement fait controverse lors de leur passage au Musée d’Art Moderne de Paris (elles furent exposées quelques années auparavant à la maison européenne de la photographie sans aucun brouhaha). J’ai alors décidé d'étoffer ce thème lié à l’accident, à la destruction, aux incendies sur quelques post en passant par la peinture, la photographie, ou le cinéma. Et comme introduction nous commencerons avec cette série d’un peintre du XIXe Thomas Cole, le Destin des Empires, qui nous présente en cinq tableaux le déclin et les ravages de la civilisation et la dégénérescence que la société produit sur le territoire et le paysage. A suivre donc un petit tour d’horizon de ces paysages de la violence, de la haine ordinaire qu’il est bien convenu d’ignorer mais dont l’esthétique est parfois tout à fait stupéfiante.